Salto – Judith Vanistendael et Mark Bellido

Il y a quelques jours, je me suis lancé, un peu par hasard, dans la lecture de la bande dessinée « Salto, l’histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie », attirée par sa superbe couverture et les quelques illustrations aperçues en feuilletant ses pages. Aujourd’hui, je viens vous dire ce que j’en ai pensé.

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L’histoire que nous racontent les auteurs, Judith Vanistendael et Mark Bellido, se déroule en 2006. Miguel, vendeur de bonbons, vit dans un petit village Andalous avec sa femme et ses enfants et les fins de mois ne sont pas souvent faciles. Il a du mal à s’impliquer sérieusement dans son travail et notamment à se faire payer par ses clients, qu’il adore, ce qui ne convient pas vraiment à son patron. Miguel a un rêve, il espère un jour devenir écrivain mais il est en manque d’inspiration. L’explication réside selon lui dans le fait que sa vie n’est pas assez trépidante. Alors, lorsqu’il entend une annonce à la radio pour devenir garde du corps au service de l’État au Pays Basque il n’hésite pas une seule seconde… au contraire de sa femme. A force d’insister, il réussit pourtant à la convaincre et embarque toute sa petite famille dans cette nouvelle aventure. Malheureusement, cela ne va pas se passer comme il l’avait prévu. Ses relations avec sa femme vont se tendre, son quotidien va être partagé entre angoisse et ennui, toujours obligé de vérifier partout si une bombe n’est pas cachée quelque part, toujours obligé d’être armé, toujours obligé de répondre présent pour la personne qu’il doit protéger.

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Je ne m’étais jamais vraiment intéressée au pays basque espagnol et à ce qu’il s’y passe même si, bien sûr, j’avais déjà entendu parler de l’ETA avant cette lecture. Pour ceux qui me lisent depuis quelques temps déjà, vous avez sûrement dû vous rendre compte que j’aime beaucoup les bandes dessinées ayant de prêt ou de loin une visée documentaire, alors, je n’ai eu aucun mal à me plonger dans cette histoire, avalant les 360 pages d’une traite. Cela dit, je ne sais pas vraiment si cette histoire est basée sur le vécu de quelqu’un…

saltoJ’ai beaucoup aimé le style graphique et le travail des couleurs, d’abord très lumineuses pour aller vers la pénombre au fur et à mesure que le récit avance dans le temps. J’ai également aimé la construction du récit, le ton et les touches d’humour ici et là.
Je ne connaissais absolument pas les auteurs avant de lire « Salto » et suite à cette lecture, que j’ai vraiment appréciée, j’ai poursuivis ma découverte avec l’un des précédents ouvrages de Judith Vanistendael dont je vous parlerais, j’espère, rapidement.

Connaissez-vous Judith Vanistendael et Mark Bellido ? Avez-vous aimé Salto ?

Acquanera – Valentina d’Urbano

Il y a presque trois ans, en mars 2014, je vous avais donné mon avis au sujet du premier roman de Valentina d’Urbano intitulé Le bruit de tes pas que j’avais beaucoup aimé. Aujourd’hui, c’est de son second roman dont je vais vous parler.

Dans Acquanera, Valentina d’Urbano nous raconte l’histoire de Fortuna, une jeune femme qui retourne dans le village de son enfance, Roccachiara, au nord de l’Italie, alors qu’elle n’y a pas mis les pieds depuis plusieurs années. Un squelette vient d’y être découvert et il se pourrait que ce soit celui de sa meilleure amie, Luce, disparue il y a bien longtemps… Ce retour va être pour elle l’occasion de se remémorer l’histoire de sa famille et son enfance. Ainsi, nous allons être transportés dans le passé à travers les portraits de quatre générations de femmes dotées de mystérieuses facultés.

Clara, la plus ancienne, possédait de grandes connaissances sur les plantes et leurs pouvoirs, elle était capable de guérir de nombreuses pathologies grâce à elles. Esla, la grand-mère de Fortuna était, elle aussi, une experte dans le domaine mais elle était également capable de percevoir la présence des morts. Onda, la mère de Fortuna, est quant à elle capable de voir les défunts et de dialoguer avec eux. C’est une femme plutôt sauvage, qui, hantées par ses visions, préféra vivre une partie dacquanerae sa vie dans une cabane au fond de la forêt plutôt qu’auprès de sa fille qu’elle fut incapable d’aimer et qu’elle laissa à la charge d’Elsa. Et puis, il y a Fortuna, qui elle ne semble avoir hérité d’aucun don particulier mais qui, à cause de la réputation des générations précédentes, sera mise à l’écart par les autres enfants, et plus généralement par les autres habitants du village, comme sa mère et sa grand-mère l’ont été avant elle. Sa grand-mère, qui a veillé sur elle durant toute son enfance, a tout fait pour qu’elle ait une vie normale et des amis, sans succès… Jusqu’à ce que Luce, une jeune fille étrange, rejetée elle aussi par les autres enfants de l’école, et ses parents s’installent dans le village…

Acquanera est un beau roman sur les relations mères-filles, sur les différences et sur l’amitié. C’est aussi un roman très sombre, parfois écrasant par sa noirceur et à la limite du fantastique. Ce deuxième roman de Valentina d’Urbano n’a vraiment rien à voir avec le premier mais je l’ai tout autant apprécié. J’ai été complètement prise par cette lecture et mon envie de tourner les pages ne s’est jamais tarie. Le récit, très bien construit, a réussi maintenir mon intérêt jusqu’à la fin. J’ai aimé cette histoire de femmes, l’atmosphère pesante et surtout la chute du récit à laquelle je ne m’attendais pas.

Connaissez-vous cette auteure ? Qu’avez-vous pensé de ce roman ?

S’enfuir. Récit d’un otage – Guy Delisle

Guy Delisle est un auteur de romans graphiques dont j’apprécie beaucoup le travail. J’avais notamment beaucoup aimé ses « Chroniques de Jérusalem », « Pyongyang » ou encore sa série « Le guide du mauvais père ». Alors, quand j’ai me suis aperçue qu’il venait de publier « S’enfuir. Récit d’un otage », je me suis empressée de me le procurer et de le lire.

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Cette fois-ci, Guy Delisle ne nous emmène pas avec lui à la découverte d’un pays et de ses habitants, il ne nous embarque pas non plus dans son quotidien de papa, non, cette fois-ci, c’est dans le passé Christophe André qu’il nous plonge, un homme qui, en 1997, alors qu’il travaillait pour une ONG dans le Caucase, plus précisément en Ingouchie, s’est fait enlever en pleine nuit et emmener en Tchétchénie. Il nous raconte, dans cet ouvrage, comment cet homme a survécu à 111 jours de captivité, à toutes ses longues journées qui se sont suivies et ressemblées, comment il a vécu le manque d’informations et l’impossibilité de communiquer avec ses ravisseurs à cause de la langue qu’il ne parlait et ne comprenais pas. Et puis, il nous raconte comment Christophe André a, un beau jour, réussi à s’évader et à échapper à ses geôliers…

senfuir-guy-delisle-couvAvec « S’enfuir », Guy Delisle nous plonge dans une atmosphère oppressante, il nous fait partager les différents états d’esprit que Christophe André traverse durant sa captivité et il rend parfaitement compte de la souffrance qu’il a vécu durant cette épreuve alors qu’il pensait être libéré très rapidement… Pour ne pas sombrer, il s’accroche à des petits riens, à la routine qui s’installe avec ses ravisseurs et surtout, il fait tout pour ne pas perdre la notion du temps. Finalement, il ne se passe pas grand-chose dans cette bande dessinée, cependant, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée. J’ai bien aimé cette lecture et j’ai apprécié retrouver le travail d’illustration de l’auteur cette fois-ci tout en gris et bleu.

Connaissez-vous cet auteur ? Laquelle de ses œuvres avez-vous préféré ?