Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck

Dans Nous rêvions juste de liberté, Hugo, le narrateur, un adolescent turbulent et pas vraiment passionné par l’école, nous raconte son histoire pas toute rose. Avec ses parents la vie est compliquée. En effet, sa mère n’arrive pas à sortir de la dépression dans laquelle elle est plongée depuis le décès accidentel de sa petite sœur, il y a plusieurs années, et son père, un brin alcoolique, n’a plus la patience de faire face à ses bêtises. Du coup, après quelques déboires à l’école, il se retrouve scolarisé dans le lycée privé de sa ville, Providence, au milieu des enfants de riches. Heureusement, il va y faire la rencontre de Freddy qui règne en maître dans la cour de récréation, d’Alex, dit la fouine, et d’Oscar, surnommé le chinois, et se faire rapidement adopter par la bande de potes. Le quotidien d’Hugo et de ses amis va alors être rythmé par l’alcool, la drogue, la castagne et puis surtout les bécanes. Une passion commune qui va les conduire, presque tous, sur la route, pour traverser le pays. Ils y rencontreront beaucoup de personnes, des bikers pour la plus part, et quelques ennuis. Et puis avec le temps, ils finiront par créer leur propre MC, ou « Motorcycle club », et dégoter un local pour y faire des affaires. Mais Hugo n’est pas un sédentaire et après quelques mois posé avec ses amis, il va reprendre la route, tout seul, jusqu’à ce que le passé le rattrape.

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Voilà un court résumé de ce roman dans lequel, finalement, je ne vous raconte pas grand-chose mais je ne veux surtout pas vous en dire trop pour que vous puissiez profiter pleinement de cette fabuleuse lecture.

nous-revions-juste-de-liberteNous rêvions juste de liberté est une très jolie histoire à propos de l’amitié fraternelle et de la liberté. J’ai adoré cette multitude de personnages tous très différents les uns des autres et j’ai été particulièrement touchée par Hugo. J’ai adoré le style d’écriture maitrisé qui colle parfaitement au scénario et le rythme intense du récit. Et surtout, j’ai été bouleversée par la fin de  cette histoire. Je ne connaissais pas Henri Loevenbruck avant de lire ce roman et de prime abord Nous rêvions juste de liberté n’avait pas vraiment d’argument pour me plaire. En effet, l’univers des motos et les histoires d’adolescents ne me passionnent pas vraiment. Cependant, je n’ai eu aucun mal à me plonger dans ce roman et à me passionner pour cette lecture riche en émotions.

N’aillions pas peur des mots, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman et je pense que je me souviendrais très longtemps de cette lecture.

Avez-vous lu « Nous rêvions juste de liberté » ? Qu’en avez-vous pensé ?

Vernon Subutex, tome 1 & 2 – Virginie Despentes

Jusqu’à il y a peu, je n’avais encore jamais lu Virginie Despentes et c’est avec l’histoire de Vernon Subutex que je me suis lancée dans la découverte de cette auteure. Ayant lu les deux volumes l’un à la suite de l’autre, je vous propose aujourd’hui une seule chronique à leur sujet.

vernon-subutex-1Lorsque l’histoire débute, Vernon Subutex vit une mauvaise période de sa vie : disquaire de profession, son magasin, le « Revolver », vient de fermer et son ami, la star de musique Alex Bleach, qui lui venait financièrement en aide régulièrement, vient de mourir d’une overdose. Résultat, il se retrouve expulsé de son appartement, sans un sous en poche, obligé d’appeler à l’aide ses anciens amis pour se faire héberger chez les uns et chez les autres. Bien sûr il préfère s’inventer une vie plutôt que de leur avouer sa situation précaire. Mais cela ne pourra pas durer éternellement et il va finir par dormir dans les rues de Paris.
Quelques temps avant sa mort, Alex a enregistré une sorte de testament alors qu’il se trouvait chez Vernon et que ce dernier dormait. Les cassettes de ces enregistrements sont l’une des rares choses que Vernon a pu emporter en quittant son appartement et elles vont être l’objet d’une convoitise dont il ne se serait jamais douté.
De fil en aiguille, un petit groupe de personnes parmi lesquelles ses anciens amis, ses nouveaux potes SDF, et d’autres encore, va se former autour de Vernon, se retrouvant régulièrement dans le parc des Buttes-Chaumont…

vernon-subutex-2Vernon va croiser dans son « aventure » une multitude de personnages tous très différents les uns des autres : un scénariste en manque d’inspiration, une ancienne star de l’industrie pornographique,  un transsexuel, un mari violent, des sans domicile fixe, des fachos, etc. et c’est ce qui rend, à mon sens, le récit très intéressant. A travers eux et l’histoire de Vernon Subutex, Virginie Despentes dresse un portrait de la France précaire réaliste et lucide en abordant une multitude de sujets d’actualité.

Ces deux romans sont très denses, ce qui au début, je dois l’avouer, m’a un peu assommé. Mais je me suis accrochée et j’ai fini par apprécier le style trash de Virginie Despentes. J’ai beaucoup aimé le premier tome, un peu moins le second dans lequel je me suis un peu lassé et j’ai trouvé qu’il y avait un peu de longueur. Apparemment un troisième tome, que je lirais probablement, est prévu, en attendant, je pense que je vais me pencher sur les autres romans de Virginie Despentes pour continuer à la découvrir.

Et vous, connaissez-vous Virginie Despentes ? Avez-vous lu Vernon Subutex ? Qu’en avez-vous pensé ?

Jeux de miroirs – E.O. Chirovici

Comme chaque année avec l’hiver, mon envie de lire des polars se fait de plus en plus forte. Alors, lorsque l’on m’a proposé de lire Jeux de miroirs, le premier roman traduit en France de l’écrivain roumain E.O. Chirovici, j’ai sauté sur l’occasion. D’autant plus qu’il était annoncé comme « Le roman évènement de l’année 2017 » par son éditeur.

L’histoire : un jour, Peter Katz, agent littéraire, reçoit un manuscrit composé des premiers chapitres d’un roman écrit par un certain Richard Flynn intitulé « Jeux de miroirs ». L’auteur y raconte sa rencontre avec une jeune femme prénommée Laura, alors qu’elle s’installe dans son appartement et devient sa colocataire, et, par son intermédiaire, avec le professeur Wieder, un spécialiste de la psychologie cognitive, et plus particulièrement de la mémoire et des souvenirs. Ce dernier est mort assassiné à la fin des années quatre-vingt et son meurtre ne fut jamais élucidé. Intrigué par cette lecture, Peter aimerais en savoir plus et obtenir la fin du texte, espérant que la clef du mystère s’y trouve. Seulement, Richard meurt avant qu’il puisse le lui demander. Alors, pour tenter de résoudre l’énigme, il va entamer des recherches sur le sujet avec l’aide de deux autres personnes : John, un journaliste d’investigation et  Roy, un enquêteur à la retraite qui avait travaillé sur cette affaire. Tous les trois vont rencontrer différents témoins du drame mais ils ne vont obtenir que de multiples versions contradictoires…

jeux-de-miroirs-chiroviciCette histoire nous est racontée au travers de trois voix différentes correspondant chacune à une partie du roman – d’abord celle de Peter, puis celle de John, et enfin celle de Roy – ce que j’ai trouvé plutôt intéressant notamment parce que cela permet d’aborder l’intrigue sous différents angles et je pense que cela a fortement contribué à maintenir mon intérêt pour l’histoire. A cela, s’ajoutent les nombreux témoignages contradictoires des différentes personnes interrogées par ces trois enquêteurs officieux, qui permettent à mon sens de maintenir le suspens. Cela dit, j’ai parfois trouvé le temps un peu long durant cette lecture. J’ai beaucoup apprécié la première partie, soit le manuscrit de Richard Flynn, un peu moins les deux suivantes. Malgré cela, j’ai trouvé ce roman plutôt bien rythmé, le style d’E.O. Chirovici, qui nous propose avec Jeux de miroirs une réflexion intéressante sur la mémoire et les souvenirs, simple mais pas déplaisant. Merci aux éditions Les escales et à l’agence Anne & Arnaud pour ce moment de lecture !