Nocturne d’un chauffeur de taxi – Recueil de nouvelles coréennes

Voilà plus de dix jours que je ne suis pas venue vous parler de mes dernières découvertes livresques, je suis désolé, mais ce mois-ci, mon rythme de lecture s’est considérablement ralenti et j’espère vraiment que cette baisse de régime ne vas pas durer trop longtemps ! Ce n’est pas que je n’ai pas envie de lire en ce moment, mais plutôt que je manque de temps… heureusement, je suis bientôt en vacances alors ça devrait aider ! Aujourd’hui je reviens avec un livre que j’ai reçu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Philippe Rey. Il s’agit d’un recueil de nouvelles coréennes paru le 24 avril 2014 sous le titre Nocturne d’un chauffeur de taxi.

PR_RAN_2.inddJ’avais déjà lu un livre de chez cet éditeur et ça avait été un vrai coup de coeur, souvenez-vous, je vous en ai parlé il y a quelque temps. Il s’agissait du roman italien Le bruit de tes pas. Alors quand on m’a proposé ce partenariat, je n’ai pas hésité longtemps ! En plus, c’était l’occasion pour moi de me plonger dans la lecture de nouvelles, ce que j’ai très peu l’occasion de faire et que je redoute un peu à chaque fois. J’étais aussi très curieuse de découvrir la littérature coréenne que je ne connaissais que très peu !

Ce qu’en dit l’éditeur : En Corée, on « entre en littérature » non pas grâce à un « premier roman » mais avec une nouvelle, dès lors qu’elle est remarquée, primée par les grands quotidiens ou les très actives revues littéraires. Si bien qu’à la différence de la France, ce genre narratif y est devenu un art majeur. Cette anthologie rassemble des textes représentatifs de la production contemporaine : tous ont été publiés au cours de la dernière décennie et mettent en perspective les aspects les plus intimes d’une société dont nous ne connaissons généralement que les succès les plus flatteurs – pour ne pas dire les plus trompeurs. Les auteurs représentés ici, une majorité de femmes, nous renvoient une image sans complaisance de leur monde comme il va. Ils le font, chacun à leur manière, sur des sujets très divers qui reflètent les évolutions contemporaines de la société coréenne et ses contradictions. Ainsi le travail à la chaîne est stigmatisé avec humour (noir ?) dans La fabrique de conserves ; la rudesse du quotidien est décrite dans Nocturne d’un chauffeur de taxi, qui illustre par ailleurs également un phénomène récent dû à l’évolution démographique, le mariage avec des femmes venues d’ailleurs ; les liens unissant la famille se délitent dans Semailles ; les on-dit viennent gangrener une petite ville dans Rumeurs ; le couple vit l’enfer et se désagrège dans Mon mari, tandis qu’il chemine avec poésie vers la mort dans Neuf épisodes ; la femme a conquis sa liberté dans Stoppie à moto mais le bonheur continue à lui échapper… Dix histoires pour faire découvrir une littérature et un pays méconnus (Editions Philippe Rey, 2014)

Je ne savais pas trop comment vous parler de cet ouvrage, alors, j’ai décidé d’essayer de vous faire un court résumé (même si je ne me souviens pas bien de toutes les nouvelles) de chacune des nouvelles.

La première a été écrite par Kim Ae-ran. Elle a donné son titre à l’ouvrage et s’intitule donc Nocturne d’un chauffeur de taxi. Le lecteur y suit un chauffeur de taxi qui a été marié à une chinoise aujourd’hui décédé. Quand il travaille, il met en boucle des cassettes audio enregistrées par cette dernière afin qu’il puisse apprendre à parler le chinois. Ses trajets sont aussi l’occasion pour lui de s’interroger sur la vie, sa vie et le monde qui l’entoure.

La seconde nouvelle a été écrite par Baek Ka-hum et s’intitule Rumeurs. C’est l’histoire d’une disparition. La disparition de plusieurs personnes. Deux d’entre elles étaient des clandestines échappées de Corée du Nord, une mère et sa fille. L’homme chez qui elles vivaient les cherche désespérément et les rumeurs le conduisent à penser au pire, au plus fou, alors que parfois la réponse est simple.

La troisième histoire est écrite par Ahn Yeong-sil et a pour titre Amour Impossible. Cette nouvelle est très courte, c’est en fait la plus courte du recueil et fait seulement deux pages. Elle évoque la vie d’un agriculteur qui aime sa femme, et de sa femme qui s’aime et s’admire dans son miroir… je n’ai pas vraiment compris le message que l’auteur a voulu faire passer à travers cette nouvelle et elle m’a particulièrement laissé perplexe.

L’histoire suivante s’intitule Semailles et a été écrite par Jo Kyung-ran. On y suit un père et sa fille, tous les deux au chômage et alcooliques, qui se rendent chez la cadette de la famille à Tokyo. Cette dernière s’est blessée et ils partent pour l’aider dans le quotidien. Ils découvrent alors tous les deux le Japon pendant que la mère est reste en Corée. Un jour le père rentre avec des graines à planter sur le balcon. Ce ne seront pas de fleurs qui pousseront mais des épinards… Là aussi je n’ai pas vraiment compris le sens qu’a voulu donner l’auteur à son histoire, mais il y en a très probablement un ! Par contre, cette nouvelle a été la plus agréable à lire pour moi !

Dans Stoppie à moto, la nouvelle suivante, Park Chan-soon raconte l’histoire de deux personnes, un homme et une femme, passionnées de cinéma. Elle traduit des films et y insèrent des sous-titres. Il rêve de devenir réalisateur mais en attendant il filme des mariages et des films de campagnes électorales. Il est également passionné de moto. Un jour, lors d’un festival, il disparaît. Elle le cherche mais ne le trouve pas.

La sixième nouvelle est écrite par Kim Yeon-su et a pour titre Bonne année à tous ! Un soir, un homme va ouvrir la porte de sa maison après que quelqu’un ait sonné. C’est un indien venu en Corée pour travailler. La femme de l’homme l’envoi accorder le piano familial. Le piano a une jolie histoire, le couple – qui ne peut pas avoir d’enfant – l’a récupéré gratuitement. C’est un homme mourant, pour qui le piano à une grande valeur sentimentale, qui le leur a donné pour ne pas qu’il soit abandonné. Le piano symbolise l’enfant absent, la solitude que peuvent ressentir des parents et le souvenir.

Dans la nouvelle Mon Mari, écrite par Choi Jin Young, un homme est accusé de meurtre et de viol, sa femme veut croire en son innocence mais les rumeurs la font douter… Elle se demande qui croire ? Son mari qu’elle a le sentiment de ne pas connaître réellement, les rumeurs, la police… Malheureusement, les preuves s’accumulent.

La huitième nouvelle est celle qui m’a le plus dérouté. Elle est écrite par Han Kang et a pour titre Neuf épisodes. Elle regroupe neuf petits textes qui doivent très certainement avoir un rapport les uns avec les autres, mais, je n’ai pas compris vraiment le lien logique qu’ils avaient…

La neuvième histoire, La maison en lego, écrite par Yoon Sung-hee évoque le quotidien d’une famille fragile. La mère est partie, le père ne parle presque plus et ne supporte plus grand chose, le frère passe ses journées à jouer aux legos, et la fille a pris en charge l’entretien de la maison et la préparation des repas. Un jour le fils perd une pièce de lego, une roue, alors sa soeur lui dit de construire une maison.

Enfin, la dernière nouvelle s’intitule La fabrique de conserves et a été écrite par Pyun Hye-young. Le lecteur se retrouve plongé dans le quotidien d’une fabrique de boîtes de conserves. Un jour le chef d’atelier disparait sans raisons apparentes. Personne ne sait ce qu’il est devenu, s’il est mort ou s’il s’est juste enfui, de folles rumeurs vont alors circuler …

Voilà, bon, je suis désolée pour ce méga pavé, mais je ne savais pas comment faire autrement étant donné que je n’ai pas réussi à trouver un vrai lien logique à toutes ces nouvelles. Au final, j’ai un avis plutôt mitigé sur ce recueil. Je n’ai pas toujours compris ce que je lisais et le sens que les auteurs avaient voulu donner à leurs histoires. Elles ont toutes une dimensions poétiques et philosophiques je pense, mais moi qui suis vraiment terre à terre, je eu beaucoup de mal à saisir tout cela. Je suis restée un peu sur ma faim avec ces nouvelles alors que j’étais heureuse de pouvoir découvrir la littérature coréenne. Malgré cela, je ne déconseille pas cet ouvrage, mais, je pense qu’il est fait pour les personnages qui aiment la littérature asiatique, qui aime les textes qui laissent place à une libre interprétation, qui ne donnent pas la réponse trop facilement.

En tout les cas j’aime beaucoup les objets que sont les livres publiés par les éditions Philippe Rey. Les couvertures sont généralement très sympas et j’apprécie beaucoup les dos en couleur (couleur qui n’est pas la même d’un livre à l’autre et ça fait sympa dans la bibliothèque, argument futile, mais ça me plait). La couverture de Nocturne d’un chauffeur de taxi donne très envie je trouve, les couleurs sont pétillantes et dynamiques. En plus les livres sont agréables au toucher et leur prise en main est aisée, pas besoin de forcer pour maintenir le livre ouvert sans casser le dos 🙂

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s