Danser les ombres – Laurent Gaudé

Laurent Gaudé fait partie de ces auteurs que j’avais particulièrement envie de découvrir mais dont je n’avais jamais pris le temps de lire un livre. L’occasion s’est présentée ces derniers jours, et est encore une fois bien tombée, puisque j’ai reçu son dernier roman, Danser les ombres, dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs 2015 en partenariat avec Babelio.

Avec ce texte, Laurent Gaudé nous transporte jusqu’en Haïti, à la découverte de sa population, des croyances qu’il y règne, de ses esprits mais aussi des combats qui y ont été menés contre la dictature.

Danserlesombres

Le récit se partage en deux temps. Un premier dans lequel nous faisons la connaissance de Lucine, une jeune haïtienne qui se rend à Port-au-Prince, laissant Thérèse, sa sœur, à Jacmel, pour annoncer une terrible nouvelle, la mort de leur jeune sœur, Nine, à l’homme avec qui cette dernière a eu un enfant. Là-bas, dans cette ville où elle a déjà vécu il y a cinq ans, où elle étudiait le droit et où elle a manifesté et lutté contre le dictateur Aristide, elle retrouve un passé qu’elle pensait bien loin. Une vie, des rêves, des ambitions, qu’elle avait abandonné pour aider Nine à élever son enfant. Elle y retrouve notamment Saul, un homme « presque » médecin car il n’a pas pu finir ses études, qui va lui proposer une chambre dans une ancienne maison close, le Fessou, où se retrouvent très régulièrement de vieux amis autour d’une partie de dominos et d’un bon verre de rhum. Il y a Firmin, aussi connu sous le nom de Matrak, l’ancien tortionnaire devenu chauffeur de taxi ; le vieux Tess à qui appartient l’ancien bordel ; Sénèque le facteur ; Domitien autrement appelé Pabava ; et Jasmin Lajoie l’incroyable séducteur. Parfois, les étudiantes infirmières, Ti Sourire, Ti Poulette et Lagrace, se joignent elles aussi à la fête. Les discussions entre tous y sont engagées mais passionnantes et l’ambiance y est plus que chaleureuse. Cette première partie plante donc le décor.

Et puis, dans la seconde partie du roman, tout change en quelques secondes. C’est le chaos, la terre se réveille, tremble, un séisme frappe Haïti. Tous se retrouvent alors à errer dans les décombres, au milieu des corps sans vie, à la recherche de survivants. Peu à peu, on comprend que les morts se mélangent aux vivants et le roman prend une autre dimension, une dimension fantastique, une dimension mystique.

Contrairement à beaucoup (d’après les différents avis que j’ai pu lire sur Internet) ce côté surnaturel ne m’a pas dérangé, bien au contraire. En effet, j’ai trouvé que c’est ce qui fait la force du roman, ce qui le rend particulièrement intéressant et original. Si je veux être tatillonne, moi, ce qui m’a le plus déstabilisé, c’est la multitude de personnages différents présents dans le récit associés à un certain manque de transition entre chaque paragraphe centré justement sur des personnages différents. Du coup, j’ai parfois été un peu perdue et j’ai quelque fois eu du mal à me repérer dans l’histoire.

Quoi qu’il en soit, j’ai aimé cette lecture, j’ai trouvé le texte très agréable à lire, émouvant, l’atmosphère retranscrite par Laurent Gaudé m’a transporté et les personnages m’ont touché. La deuxième partie du roman est certes quelque peu déstabilisante mais intéressante. Et puis la fin m’a surprise et ça j’aime beaucoup. Pour moi, c’est un très bel hommage que fait l’auteur à ce joli pays.

Quatrième de couverture : En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence… Pour rendre hommage à Haïti, l’île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli (Actes Sud, 2015).

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4 commentaires sur “Danser les ombres – Laurent Gaudé

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