Le voyant – Jérôme Garcin

Le roman de Jérôme Garcin, Le Voyant, qui d’ailleurs n’est pas vraiment un roman à mon sens (vous allez comprendre pourquoi), est le deuxième que j’ai reçu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs 2015 en partenariat avec Babelio. L’auteur nous propose de découvrir Jacques Lusseyran, né en 1924, un homme qui a réellement existé et qu’il considère comme un véritable héros cependant trop peu connu en France. Avec ce livre, il a en quelque sorte la volonté de remédier à cela.

Suite à un accident alors qu’il n’avait que 8 ans, Jacques est devenu aveugle, mais, cela ne semble en rien l’avoir déstabilisé dans la vie, il semble ne jamais avoir flanché face à sa cécité. D’après Jérôme Garcin, qui illustre ses propos par de nombreux extraits de textes écrits par Jacques Lusseyran lui-même, il aurait même vécu cela comme une chance. En effet, pour Jacques, ne pas voir la lumière extérieure lui a permis de voir la lumière intérieure et à son sens de bien mieux voir que les voyants. Cela lui aurait également permis de percevoir les intentions, quasi infailliblement, des gens ainsi que de développer ses autres sens. Malgré cet accident, il va suivre une scolarité normale, aux côtés d’autres enfants valides. Il sera d’ailleurs un élève brillant du Lycée Louis-le-Grand et souhaitera devenir professeur. Pour cela, il va s’inscrire au concours d’entrée de l’École Normale Supérieure. Cependant, sa condition physique ne lui permet pas de passer les épreuves, puisqu’en effet, l’État n’accepte pas que les handicapés passent ce concours et deviennent des fonctionnaires. Il va alors s’engager dans la résistance et se donner tout entier dans ce combat. A 17 ans, alors qu’il est encore lycéen, il crée le réseau de résistance « Les Volontaires de la Liberté » qui sera quelques années plus tard inclus dans le réseau « Défense de la France » de Philippe Vianney. Sa lutte pour la liberté sera malheureusement stoppée suite à une dénonciation. Arrêté par la Gestapo, il va d’abord être emprisonné à Fresnes puis déporté, en janvier 1944, à Buchenwald alors qu’il n’a que 20 ans. Il en sortira vivant 18 mois plus tard. Lorsqu’il rentre en France, la loi ne lui permet toujours pas de devenir professeur, il part donc à l’étranger pour accomplir son rêve et notamment aux États-Unis où il enseignera la littérature dans les années 60. Il mourra en 1971, alors âgé de 47 ans, dans un accident de voiture.

le-voyant-garcinJe ne connaissais pas du tout l’histoire de cet homme et j’ai vraiment aimé la découvrir. D’après ce que j’ai pu lire dans ce roman, Jacques Lusseyran était un homme courageux et engagé malgré les difficultés qu’il a rencontré et les épreuves terribles qu’il a dû surmonter durant sa vie. Cependant, j’ai trouvé que le style de l’auteur et son discours manquaient clairement de neutralité. En effet, Jérôme Garcin n’est pas avare de compliments, voire de louanges, pour cet homme qu’il considère comme un héros et qu’il semble d’ailleurs totalement l’idolâtrer. Pourtant, il évoque dans certains passages du livre des côtés beaucoup moins reluisants de l’existence de Jacques : une vie sentimentale chaotique et une certaine « méprise » des femmes dans le sens où, pour moi, il n’a pas vraiment été respectueux de ses épouses ; ses enfants dont il ne s’est que très peu préoccupé ; une fascination pour Georges Saint-Bonnet, le gourou d’une secte… Bref, Jacques Lusseyran ne semble pas avoir été un être parfait et j’aurais aimé que cela apparaisse un peu plus dans les propos de l’auteur. Malgré ce bémol, comme je l’ai dit, j’ai aimé apprendre qui était Jacques Lusseyran. C’est une lecture étonnante vers laquelle je ne me serais probablement pas tournée sans le prix Relay.

Quatrième de couverture : « Le visage en sang, Jacques hurle : « Mes yeux! Où sont mes yeux? » Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d’azur, de lilas et de muguet, il entre dans l’obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs. » Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient « The Blind Hero of the French Resistance ». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans. Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié (Gallimard, 2015).

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