L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

Depuis quelques semaines, je trépignais d’impatience à l’idée de lire « L’amie prodigieuse », le premier volume de la fameuse saga littéraire italienne dont tout le monde parle en ce moment. Pour tout vous avouer, j’étais complètement passé à côté du « phénomène » à la sortie des premiers et seconds volumes et ce n’est qu’à la sortie du troisième, au mois de janvier de cette année, que j’ai commencé à m’y intéresser de près. Voilà chose faite et je viens aujourd’hui vous dire ce que j’en ai pensé.

L’histoire se déroule principalement dans un quartier défavorisé de la ville Naples, dans les années cinquante. A travers les yeux de Lenuccia Greco, le lecteur découvre le quotidien des habitants de ce quartier, où tout le monde se connait et rien ne passe inaperçu, ainsi que l’histoire d’amitié qui la lie à Lina Cerullo. Lorsque Lenuccia commence à raconter, elles ne sont encore que deux enfants. Toutes deux sont plutôt douées à l’école mais elles ne vont pas avoir le même destin. La première, Lenù, stimulée par les capacités et les facilités de Lila, poursuivra ses études jusqu’au lycée, soutenue par son institutrice qui va l’aider à convaincre ses parents que c’est la meilleure chose à faire pour elle, alors que ce n’est pas, normalement, la voix suivit par les enfants du quartier. La seconde, Lila, va, elle, être contrainte d’abandonner avant le collège et suivra donc un chemin plus traditionnel. Ainsi, elle va dans un premier temps travailler avec son père et son frère dans la cordonnerie familiale, puis, elle aidera sa mère dans ses tâches quotidiennes pour entretenir la maison et les hommes de la famille. Cependant, Lila, voit les choses en grands, et, aidée de son frère, elle va confectionner la première paire de chaussure de la marque Cerullo. Ils vont alors tous les deux rêver de lancer toute une collection et pour cela, ils vont avoir besoin de convaincre leur père, mais aussi, de trouver le moyen de financer leur entreprise. A travers le récit d’Elena, nous allons suivre l’évolution des deux jeunes filles, leurs transformations physiques et leur apprentissage de la vie, nous allons être spectateurs de leurs moments de doutes, de leur rivalité, de leurs conflits ainsi que de leurs moments de complicités.

Avec ce roman, Elena Ferrante propose à ses lecteurs un voyage napolitain à travers le temps. L’amie prodigieuse est un roman extrêmement dense, à propos duquel j’ai d’abord pensé que je n’arriverais jamais à venir au bout et puis finalement, les pages défilants, je me suis totalement plongée dans l’histoire de ce quartier de Naples, de ses habitants et de ces deux jeunes filles liées par une amitié passionnelle. J’ai aimé la multitude de personnages tous très travaillés et attachants par leurs différences et leurs parcours. J’ai aussi beaucoup aimé le style très fluide d’Elena Ferrante, et surtout, j’ai adoré la scène finale magistrale de ce premier volume ! Ce fut un très beau moment de lecture et maintenant j’ai super hâte de lire la suite !

Et vous, vous l’avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous lu les deux tomes suivants ?

J’ai longtemps eu peur de la nuit – Yasmine Ghata

Avant de me lancer dans la lecture de « J’ai longtemps eu peur de la nuit » je ne connaissais pas du tout  son auteure Yasmine Ghata. Alors pourquoi je me suis tournée vers cette lecture ? Et bien parce que j’en avais lu quelques bons avis ici et là.

Suzanne, auteure, anime un atelier d’écriture dans une classe de collégiens. Lors de la première séance, elle demande à chacun des élèves d’apporter un objet ancien lié à l’histoire de leur famille. A partir de cet objet, ils devront écrire une histoire. Arsène, un jeune garçon rwandais qui a été adopté par une famille d’instituteurs français rapport la photographie d’une vieille valise en cuir. C’est le seul objet qu’il détient et qui a appartenu à sa famille. C’est avec elle qu’il a fui son pays et qu’il est arrivé en France. Au fil des séances, Arsène va avoir du mal à mettre en mots son histoire, il va alors demander à Suzanne de l’aider. Cet exercice sera pour lui un moyen de vaincre sa peur de la nuit… Au fil du récit, et notamment du texte écrit par Suzanne, nous allons découvrir comment Arsène a été amené à fuir son village et sa famille, le chemin qu’il a parcouru tout seul, s’abritant dans la valise la nuit pour se protéger des insectes et des animaux sauvages jusqu’à ce qu’il soit sauvé par une ONG.
Mais, dans ce roman, il n’est pas question uniquement d’Arsène, en effet, son histoire est entre coupée de passage à propos de Suzanne, de ses souvenirs et du deuil qu’elle n’a pas encore réussi à faire de son père, mort des années plus tôt alors qu’elle n’était encore qu’une enfant.

« J’ai longtemps eu peur de la nuit «  est un court roman, touchant et sensible, qui traite d’un sujet important et pas facile. J’ai beaucoup aimé les passages à propos de l’histoire d’Arsène, ce jeune garçon, survivant des massacres des Tutsis, animé par son envie de vivre, un peu moins ceux consacrés à Suzanne. En effet, le mal dont elle souffre m’a paru démesurément ridicule par rapport à celui d’Arsène et le parallèle fait entre leur deux histoires m’a semblé maladroit, mal venu. Je crois que je n’ai pas compris ce que l’auteure avait voulu apporté grâce à lui…
Malgré cela, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, d’autant plus que le style de Yasmina Ghata est plutôt agréable à lire.

Des hommes de peu de foi – Nickolas Butler

En tant qu’amatrice de littérature américaine, je ne pouvais passer à côté du dernier roman de Nickolas Butler intitulé « Des hommes de peu de foi » et aujourd’hui je viens vous dire ce que j’en ai pensé.

L’histoire que l’auteur nous y raconte se déroule en trois grandes parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un jeune garçon prénommé Nelson qui, en 1962, se rend au camp scout de Chippewa avec son père, Clete. Mis à l’écart par les autres garçons, il s’applique à faire sonner son clairon tous les matins et à collectionner les insignes dans l’intention de devenir un Eagle Scout. Outre le vieux chef de camp, Wilbur, qui aspire à faire devenir les jeunes hommes qui séjournent à Chippewa d’honnêtes citoyens, le seul à lui porter un peu d’attention est Jonathan, un garçon un peu plus vieux que lui. Mais, plusieurs évènements vont chambouler le quotidien de Nelson.

des-hommes-de-peu-de-foi_9782746744189Dans la seconde partie, nous retrouvons Jonathan et son fils Trevor sur la route du camp, en 1996. En chemin, ils vont être rejoints par Nelson, qui a pris la succession de Wilbur, et par une femme. Cette rencontre va être pour Jonathan l’occasion de faire comprendre à son fils que la vie et les relations amoureuses ne sont pas aussi simples que ce que l’on peut s’imaginer à l’adolescence. Elle va également être l’occasion pour le lecteur d’en apprendre un peu plus sur ce qu’a été la vie de Nelson jusque-là et notamment sur son expérience de soldat pendant la guerre du Vietnam. Enfin, dans la troisième partie du roman, c’est avec le petit fils de Jonathan, Thomas, et avec la mère de ce dernier, Rachel, que nous faisons connaissance. Tous deux se rendent à leur tour au camp scout de Chippewa où Nelson occupe encore la place de chef. Mais, leur séjour ne va pas se passer exactement comme prévu…

Avec ce roman d’apprentissage et à travers les histoires de Nelson, Jonathan, Trevor ou encore Rachel, Nickolas Butler propose à ses lecteurs de s’interroger sur ce qu’est la morale, sur ce que sont le bien et le mal face à l’évolution de la société mais aussi sur les valeurs que les parents (mais aussi les autres acteurs de socialisation, ici le scoutisme) transmettent à leurs enfants et sur la façon dont ils les préparent à faire face au monde dans lequel ils vivent. Le style de Nickolas Butler, qui est doté d’un certain talent pour raconter les histoires, est plutôt simple et fluide ce qui m’a permis d’être tout de suite accrochée par l’histoire. Cependant, j’ai trouvé la troisième partie un peu maladroite bien que son sujet principal, la place des femmes dans les sociétés modernes et dans les organisations telles que celles des scouts, est fort intéressant. Quoi qu’il en soit, j’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman et je vous le recommande sans hésiter à ceux qui apprécient la littérature américaine.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?