La porte du ciel – Dominique Fortier

Après avoir lu, ici et là, pas mal de bons avis au sujet du roman de Dominique Fortier, La porte du ciel, j’avais très envie de moi aussi me lancer dans cette lecture. Alors, lorsque j’ai vu qu’il était dans la liste de la dernière masse critique de Babelio, je me suis précipitée sur l’occasion…

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Dans ce roman, l’histoire, qui se déroule aux États-Unis, entre la Louisiane et l’Alabama, au moment de la guerre de sécession, nous est narré par « Le Roi coton ». Deux fillettes que tout oppose, Eleanor, blanche et fille de médecin, et Eve, métisse et fille d’esclave, vont être amenées à grandir ensemble. Dans le foyer qu’elles partagent, Eve n’aura jamais un statut très clair. En effet, elle semble faire partie de la famille et occupe par exemple la même chambre qu’Eleanor, cependant, elle doit tout de même accomplir un certains nombres de corvées… Devenues inséparables au fil du temps, Eve suivra Eleanor, dans sa nouvelle demeure, après son mariage avec un homme qu’elle n’a pas choisi. Ainsi, elles seront prisonnières de leur situation une partie de leur vie : Eleanor de sa condition de femme blanche, obligée d’acquérir un certain nombre de savoirs liés à son rang et Eve de sa couleur de peau et donc de sa condition d’esclave.

la-porte-du-ciel-couvDans ce roman, il est également question de femmes qui, en attendant que leur mari, leurs fils ou encore leur père rentre de la guerre, passe un partie de leur temps à coudre et à assembler des courtepointes. Mais aussi, du Père Louis qui a pour projet de construire une église au milieu des marais avec l’aide des habitants. Ou encore, d’un condamné à mort à notre époque.

La construction de ce roman, aux allures de conte, est originale, elle m’a un peu décontenancé au début de ma lecture, me laissant la sensation d’un récit un peu décousu, mais au final je l’ai trouvé intéressante. Le roman est parsemé de faits sur les conditions de vie des esclaves et de descriptions de courtepointes, nous naviguons entre les États et les époques, guidé par un fil rouge : l’histoire d’Eleanor et d’Eve, deux personnages que, et c’est un choix de l’auteure, finalement, nous ne connaitrons que superficiellement. La porte du ciel m’a permis de passer un agréable moment de lecture.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres romans à conseiller sur le sujet ?

Ici et maintenant – Pablo Casacuberta

ici-et-maintenantMaximo Seigner a dix-sept ans, il vit avec sa mère et son petit frère de 9 ans, surnommé « le nain », avec qui il ne s’entend pas très bien. Autour d’eux gravite leur oncle, Marcos, qui entretient une relation ambigüe avec leur mère alors que leur père est parti il y a quelques années sans laisser de traces et ne donnant plus signe de vie. Lorsque nous faisons la connaissance du jeune homme, sa mère l’incite à chercher du travail. Voyant cela comme un moyen de s’éloigner un peu d’une ambiance familiale pesante, Maximo décroche un poste de groom dans un hôtel qu’il pense être de classe internationale comme cela est mentionné dans l’annonce qu’il a trouvé dans le journal. Son premier service ne va pas se passer comme il l’avait imaginé… Entre les secrets familiaux que lui révèle son frère et les nouvelles expériences qu’il va vivre, cette nuit sera l’occasion pour lui de franchir une nouvelle étape de la vie.

J’ai beaucoup aimé ce roman dans lequel tout se déroule durant une journée et une nuit. Le personnage de Maximo, traversé par beaucoup d’émotions, est attachant, et ses analyses du monde qui l’entoure à travers les connaissances scientifiques qu’il emmagasine grâce aux revues « Connaissances » et « Ici et maintenant » auxquelles il est abonnés depuis des années sont originales. De par les situations comiques, mais aussi parfois tragiques, que subit Maximo, ce fut une lecture à la fois drôle et touchante. Merci Babelio et aux éditions Métailié de m’avoir permis de découvrir Pablo Casacuberta.

Ms. Marvel, tome 1 – G. Willow Wilson & Adrian Alphona

Assez ignorante au sujet de l’univers Marvel, c’est pourtant d’un comic dont je vais vous parler aujourd’hui. En effet, lors de la dernière masse critique organisée par Babelio, j’ai eu la chance d’être tirée au sort pour recevoir et donner mon avis à propos du premier tome de Ms. Marvel intitulé Métamorphose et qui regroupe les cinq premiers épisodes de la série. Heureusement, en introduction à l’histoire, les auteurs, G. Willow Wilson et Adrian Alphona, nous expliquent l’évolution du personnage de Miss Marvel.

Kamala Khan est une jeune fille musulmane d’origine pakistanaise qui vit aux Etats-Unis. Un peu geek, elle s’ennuie souvent lorsqu’elle se rend à la mosquée, elle adore l’univers des super-héros et particulièrement Carol Danvers et elle aimerait bien en devenir une. Eduquée de façon plutôt stricte et traditionnelle, elle est bien entourée par : sa mère, du genre paranoïaque ; son père qui rêve de la voir devenir une grande avocate ou un grand médecin ; et son frère, plutôt du genre très conservateur. Ses amis ne comprenant pas toujours son mode de vie et sa culture, Kamala semble rencontrer quelques difficultés à trouver sa place dans la société américaine. Elle aimerait s’émanciper un peu mais elle ne veut pas décevoir sa famille. Un soir, alors qu’elle désobéit à ses parents et fait le mur pour se rendre à une soirée où l’alcool coule à flot, elle est piégée par des camarades de classe qui tente de lui en faire boire sans le lui dire. Déçue, elle décide de rentrer. Au détour d’une rue, alors qu’un épais brouillard recouvre la ville, elle va rencontrer des super-héros et se retrouver dotée de pouvoirs… Elle va alors devoir apprendre à les maîtriser et se retrouver dans des situations délicates où elle devra sauver des vies… tout cela en respectant les consignes de ses parents…

Voilà un comic qui bouscule les clichés ! D’abord parce que le super-héros est en réalité une super-héroïne, et puis, parce que cette super-héroïne est musulmane. Le problème, pour moi, c’est que de ce fait, cet album véhicule beaucoup trop de stéréotypes à propos de cette culture, et c’est bien dommage. Si l’on passe outre cela, ce comic me semble plutôt accessible, facile à lire et drôle. A mon sens, il fait passer malgré tout des messages de tolérance et œuvre contre le racisme. De plus, les thématiques abordées – la religion, l’intégration, la place de chacun dans la société, la quête d’identité à laquelle les adolescents sont souvent confrontés, etc. – me semble intéressantes et d’actualité. Enfin, les graphismes et les couleurs sont globalement agréables à regarder. C’est donc un bilan en demi-teinte pour moi.