Baronne Blixen – Dominique de Saint Pern


Baronne Blixen
de Dominique de Saint Pern est le dernier livre que j’ai reçu et lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs 2015 en partenariat avec Babelio. Il s’agit d’un roman biographique nous plongeant dans la vie kenyane de Karen Blixen et je dois avouer qu’avant cette lecture, je ne la connaissais que de nom. Je n’est ni lu La ferme Africaine, ni vu l’adaptation cinématographique Out of Africa.

Malheureusement, mon avis sera court car j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser à la Baronne. Le style de l’auteur et la construction du roman m’ont vraiment dérangé, j’ai été déroutée et perdue dans le récit ainsi que dans la chronologie des faits racontés. En plus, j’ai trouvé ça très long et parfois ennuyeux. A la base, j’étais très enthousiaste à propos de cette lecture (d’autant plus après avoir lu beaucoup de bons avis), mais, au final, je n’ai pas réussi à voyager en Afrique et à me passionner pour cette femme aux airs originaux et extravagants.  Je me suis vite découragée et je n’ai pas vraiment pris de plaisir à lire ce roman, du coup, aller au bout de ce roman a été très difficile pour moi. Je suis complètement passée à côté. Cependant, cette lecture m’a tout de même donné envie de lire La ferme Africaine ce que je ferais probablement dès que l’occasion se présentera.

Résumé : Karen Blixen, roman. La baronne a eu en effet la vie la plus romanesque qui puisse être. On serait tenté de dire : les vies. Chasseresse africaine au Kenya, hôtesse mondaine dans sa demeure maritime de Rungstedlund au Danemark, conteuse au profil acéré d’oiseau de proie, amoureuse et amante, de Denys Finch Hatton à sa dernière passion nordique, Thorkild BjØrnvig, un poète de trente ans son cadet ! Écrivain et démiurge, mondialement célébrée et lue. Comment chanter sa singularité, sa liberté, son souverain mépris des codes et des convenances ? Dans ce roman vrai, de l’Afrique au Danemark, de New York à Londres, c’est toute une folle époque qui revit ici en couleurs et en cinémascope : Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l’âme de cet âge d’or où l’on savait aimer, écrire et mourir en beauté. (Stock, 2015)

Le voyant – Jérôme Garcin

Le roman de Jérôme Garcin, Le Voyant, qui d’ailleurs n’est pas vraiment un roman à mon sens (vous allez comprendre pourquoi), est le deuxième que j’ai reçu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs 2015 en partenariat avec Babelio. L’auteur nous propose de découvrir Jacques Lusseyran, né en 1924, un homme qui a réellement existé et qu’il considère comme un véritable héros cependant trop peu connu en France. Avec ce livre, il a en quelque sorte la volonté de remédier à cela.

Suite à un accident alors qu’il n’avait que 8 ans, Jacques est devenu aveugle, mais, cela ne semble en rien l’avoir déstabilisé dans la vie, il semble ne jamais avoir flanché face à sa cécité. D’après Jérôme Garcin, qui illustre ses propos par de nombreux extraits de textes écrits par Jacques Lusseyran lui-même, il aurait même vécu cela comme une chance. En effet, pour Jacques, ne pas voir la lumière extérieure lui a permis de voir la lumière intérieure et à son sens de bien mieux voir que les voyants. Cela lui aurait également permis de percevoir les intentions, quasi infailliblement, des gens ainsi que de développer ses autres sens. Malgré cet accident, il va suivre une scolarité normale, aux côtés d’autres enfants valides. Il sera d’ailleurs un élève brillant du Lycée Louis-le-Grand et souhaitera devenir professeur. Pour cela, il va s’inscrire au concours d’entrée de l’École Normale Supérieure. Cependant, sa condition physique ne lui permet pas de passer les épreuves, puisqu’en effet, l’État n’accepte pas que les handicapés passent ce concours et deviennent des fonctionnaires. Il va alors s’engager dans la résistance et se donner tout entier dans ce combat. A 17 ans, alors qu’il est encore lycéen, il crée le réseau de résistance « Les Volontaires de la Liberté » qui sera quelques années plus tard inclus dans le réseau « Défense de la France » de Philippe Vianney. Sa lutte pour la liberté sera malheureusement stoppée suite à une dénonciation. Arrêté par la Gestapo, il va d’abord être emprisonné à Fresnes puis déporté, en janvier 1944, à Buchenwald alors qu’il n’a que 20 ans. Il en sortira vivant 18 mois plus tard. Lorsqu’il rentre en France, la loi ne lui permet toujours pas de devenir professeur, il part donc à l’étranger pour accomplir son rêve et notamment aux États-Unis où il enseignera la littérature dans les années 60. Il mourra en 1971, alors âgé de 47 ans, dans un accident de voiture.

Je ne connaissais pas du tout l’histoire de cet homme et j’ai vraiment aimé la découvrir. D’après ce que j’ai pu lire dans ce roman, Jacques Lusseyran était un homme courageux et engagé malgré les difficultés qu’il a rencontré et les épreuves terribles qu’il a dû surmonter durant sa vie. Cependant, j’ai trouvé que le style de l’auteur et son discours manquaient clairement de neutralité. En effet, Jérôme Garcin n’est pas avare de compliments, voire de louanges, pour cet homme qu’il considère comme un héros et qu’il semble d’ailleurs totalement l’idolâtrer. Pourtant, il évoque dans certains passages du livre des côtés beaucoup moins reluisants de l’existence de Jacques : une vie sentimentale chaotique et une certaine « méprise » des femmes dans le sens où, pour moi, il n’a pas vraiment été respectueux de ses épouses ; ses enfants dont il ne s’est que très peu préoccupé ; une fascination pour Georges Saint-Bonnet, le gourou d’une secte… Bref, Jacques Lusseyran ne semble pas avoir été un être parfait et j’aurais aimé que cela apparaisse un peu plus dans les propos de l’auteur. Malgré ce bémol, comme je l’ai dit, j’ai aimé apprendre qui était Jacques Lusseyran. C’est une lecture étonnante vers laquelle je ne me serais probablement pas tournée sans le prix Relay.

Quatrième de couverture : « Le visage en sang, Jacques hurle : « Mes yeux! Où sont mes yeux? » Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d’azur, de lilas et de muguet, il entre dans l’obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs. » Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient « The Blind Hero of the French Resistance ». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans. Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié (Gallimard, 2015).

Danser les ombres – Laurent Gaudé

Laurent Gaudé fait partie de ces auteurs que j’avais particulièrement envie de découvrir mais dont je n’avais jamais pris le temps de lire un livre. L’occasion s’est présentée ces derniers jours, et est encore une fois bien tombée, puisque j’ai reçu son dernier roman, Danser les ombres, dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs 2015 en partenariat avec Babelio.

Avec ce texte, Laurent Gaudé nous transporte jusqu’en Haïti, à la découverte de sa population, des croyances qu’il y règne, de ses esprits mais aussi des combats qui y ont été menés contre la dictature.

Le récit se partage en deux temps. Un premier dans lequel nous faisons la connaissance de Lucine, une jeune haïtienne qui se rend à Port-au-Prince, laissant Thérèse, sa sœur, à Jacmel, pour annoncer une terrible nouvelle, la mort de leur jeune sœur, Nine, à l’homme avec qui cette dernière a eu un enfant. Là-bas, dans cette ville où elle a déjà vécu il y a cinq ans, où elle étudiait le droit et où elle a manifesté et lutté contre le dictateur Aristide, elle retrouve un passé qu’elle pensait bien loin. Une vie, des rêves, des ambitions, qu’elle avait abandonné pour aider Nine à élever son enfant. Elle y retrouve notamment Saul, un homme « presque » médecin car il n’a pas pu finir ses études, qui va lui proposer une chambre dans une ancienne maison close, le Fessou, où se retrouvent très régulièrement de vieux amis autour d’une partie de dominos et d’un bon verre de rhum. Il y a Firmin, aussi connu sous le nom de Matrak, l’ancien tortionnaire devenu chauffeur de taxi ; le vieux Tess à qui appartient l’ancien bordel ; Sénèque le facteur ; Domitien autrement appelé Pabava ; et Jasmin Lajoie l’incroyable séducteur. Parfois, les étudiantes infirmières, Ti Sourire, Ti Poulette et Lagrace, se joignent elles aussi à la fête. Les discussions entre tous y sont engagées mais passionnantes et l’ambiance y est plus que chaleureuse. Cette première partie plante donc le décor.

Et puis, dans la seconde partie du roman, tout change en quelques secondes. C’est le chaos, la terre se réveille, tremble, un séisme frappe Haïti. Tous se retrouvent alors à errer dans les décombres, au milieu des corps sans vie, à la recherche de survivants. Peu à peu, on comprend que les morts se mélangent aux vivants et le roman prend une autre dimension, une dimension fantastique, une dimension mystique.

Contrairement à beaucoup (d’après les différents avis que j’ai pu lire sur Internet) ce côté surnaturel ne m’a pas dérangé, bien au contraire. En effet, j’ai trouvé que c’est ce qui fait la force du roman, ce qui le rend particulièrement intéressant et original. Si je veux être tatillonne, moi, ce qui m’a le plus déstabilisé, c’est la multitude de personnages différents présents dans le récit associés à un certain manque de transition entre chaque paragraphe centré justement sur des personnages différents. Du coup, j’ai parfois été un peu perdue et j’ai quelque fois eu du mal à me repérer dans l’histoire.

Quoi qu’il en soit, j’ai aimé cette lecture, j’ai trouvé le texte très agréable à lire, émouvant, l’atmosphère retranscrite par Laurent Gaudé m’a transporté et les personnages m’ont touché. La deuxième partie du roman est certes quelque peu déstabilisante mais intéressante. Et puis la fin m’a surprise et ça j’aime beaucoup. Pour moi, c’est un très bel hommage que fait l’auteur à ce joli pays.

Quatrième de couverture : En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence… Pour rendre hommage à Haïti, l’île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli (Actes Sud, 2015).