Des hommes de peu de foi – Nickolas Butler

En tant qu’amatrice de littérature américaine, je ne pouvais passer à côté du dernier roman de Nickolas Butler intitulé « Des hommes de peu de foi » et aujourd’hui je viens vous dire ce que j’en ai pensé.

L’histoire que l’auteur nous y raconte se déroule en trois grandes parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un jeune garçon prénommé Nelson qui, en 1962, se rend au camp scout de Chippewa avec son père, Clete. Mis à l’écart par les autres garçons, il s’applique à faire sonner son clairon tous les matins et à collectionner les insignes dans l’intention de devenir un Eagle Scout. Outre le vieux chef de camp, Wilbur, qui aspire à faire devenir les jeunes hommes qui séjournent à Chippewa d’honnêtes citoyens, le seul à lui porter un peu d’attention est Jonathan, un garçon un peu plus vieux que lui. Mais, plusieurs évènements vont chambouler le quotidien de Nelson.

des-hommes-de-peu-de-foi_9782746744189Dans la seconde partie, nous retrouvons Jonathan et son fils Trevor sur la route du camp, en 1996. En chemin, ils vont être rejoints par Nelson, qui a pris la succession de Wilbur, et par une femme. Cette rencontre va être pour Jonathan l’occasion de faire comprendre à son fils que la vie et les relations amoureuses ne sont pas aussi simples que ce que l’on peut s’imaginer à l’adolescence. Elle va également être l’occasion pour le lecteur d’en apprendre un peu plus sur ce qu’a été la vie de Nelson jusque-là et notamment sur son expérience de soldat pendant la guerre du Vietnam. Enfin, dans la troisième partie du roman, c’est avec le petit fils de Jonathan, Thomas, et avec la mère de ce dernier, Rachel, que nous faisons connaissance. Tous deux se rendent à leur tour au camp scout de Chippewa où Nelson occupe encore la place de chef. Mais, leur séjour ne va pas se passer exactement comme prévu…

Avec ce roman d’apprentissage et à travers les histoires de Nelson, Jonathan, Trevor ou encore Rachel, Nickolas Butler propose à ses lecteurs de s’interroger sur ce qu’est la morale, sur ce que sont le bien et le mal face à l’évolution de la société mais aussi sur les valeurs que les parents (mais aussi les autres acteurs de socialisation, ici le scoutisme) transmettent à leurs enfants et sur la façon dont ils les préparent à faire face au monde dans lequel ils vivent. Le style de Nickolas Butler, qui est doté d’un certain talent pour raconter les histoires, est plutôt simple et fluide ce qui m’a permis d’être tout de suite accrochée par l’histoire. Cependant, j’ai trouvé la troisième partie un peu maladroite bien que son sujet principal, la place des femmes dans les sociétés modernes et dans les organisations telles que celles des scouts, est fort intéressant. Quoi qu’il en soit, j’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman et je vous le recommande sans hésiter à ceux qui apprécient la littérature américaine.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Les Maraudeurs – Tom Cooper

C’est avec grand plaisir que je viens aujourd’hui vous parler du roman Les Maraudeurs  écrit par Tom Cooper. L’histoire se déroule en Louisiane, dans la petite ville de Jeanette, dévastée quelques années plus tôt par l’ouragan Katrina. L’économie locale y est un peu au ralentit et la pêche à la crevette, qui permettait à de nombreuses familles de vivre, est grandement en péril depuis la rupture d’une plateforme pétrolière qui a causé une marée noire.

Dans ce cadre, Tom Cooper va nous proposer de rencontrer plusieurs personnages haut en couleurs : Lindquist, un pêcheur, manchot, alcoolique et accros aux médicaments, obsédé par le trésor du pirate Jean Lafitte qu’il recherche intensément à travers tout le marais grâce à son détecteur de métaux ; Hanson et Cosgrove, deux hommes qui se sont rencontrés alors qu’ils effectuaient des travaux d’intérêts généraux qui vont se mettre eux aussi en quête d’un trésor ; Wes Trench, un jeune homme de 17 ans qui rêve de construire son propre bateau et qui, faute d’une communication aisée avec son père, va partir travailler avec Lindquist ; les frères Toup, Reginald et Victor, grands cultivateurs de cannabis prêts à tout pour protéger leur île des pilleurs ; et enfin Brady Grimes, un agent d’assurance new-yorkais envoyé dans sa région natale afin de proposer de l’argent à tous ceux désirant porter plainte contre les responsables de la marais noire.

Avec ce roman, le lecteur se retrouve plongé dans une atmosphère humide, au cœur de cette région hostile qu’est la Louisiane, pleine de pièges et d’animaux sauvages. Chacun des chapitres est centré sur l’un des personnages (ou sur l’un des duos de personnages) dont les routes vont plus ou moins se croiser. Les Maraudeurs est un roman très prenant, sombre et déjanté, dans lequel, vous l’aurez compris, l’auteur dresse les portraits  de personnages aux personnalités bien trempées. L’écriture est fluide et très agréable à lire, j’ai donc été complètement happée par ce récit. Généralement, les histoires qui se déroulent dans ce coin des États-Unis me plaisent beaucoup, et ce roman n’a pas dérogé à cette règle, bien au contraire !

Avez lu ce roman ? Que me conseillez-vous dans le même genre ?

Toute la lumière que nous ne pouvons voir – Anthony Doerr

Dans Toute la lumière que nous ne pouvons voir, Anthony Doerr nous raconte l’histoire de Marie-Laure, une jeune aveugle qui vit à Paris avec son père, serrurier au Muséum national d’histoire naturelle, quand la seconde guerre mondiale éclate. Jusqu’alors, son quotidien était  rythmé par ses lectures grâce aux livres en braille que son père lui offre chaque année pour son anniversaire, de balades dans le jardin des plantes et de bavardages avec les employés de ce fabuleux lieu qu’est le musée. Malheureusement, la guerre va bouleverser son quotidien. En effet, Marie-Laure et son père vont devoir fuir la capitale. Après quelques déconvenues, c’est à Saint-Malo, chargés d’un précieux colis, qu’ils vont finir par atterrir. Là-bas, ils vont se réfugier dans la maison du grand oncle de Marie-Laure, Étienne, et découvrir la vie sous l’occupation Allemande.

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Dans ce roman, Anthony Doerr nous raconte également l’histoire de Werner, un jeune garçon qui vit avec sa petite sœur, Jutta, dans un orphelinat où ils sont élevés par « Frau Elena » une religieuse alsacienne. Passionné de transmissions électromagnétiques, il rêve de devenir un jour ingénieur et d’échapper ainsi au travail à la mine de charbon. À force de bricolage et d’expérimentations, Werner devient un fin connaisseur de cette technologie ce qui le conduit à être régulièrement sollicité pour réparer des radios. Un jour, alors que sa réputation n’est plus à faire, il est appelé par un homme, un gradé de la Wehrmacht, pour une panne que personne d’autre n’est parvenu à résoudre. Bien sûr, il va trouver la solution et de fil en aiguille, il va avoir la chance d’intégrer une grande école du Reich où, là aussi, ses talents seront remarqués.
Bien évidemment, ces deux personnages, que nous allons suivre du début de la guerre jusqu’à la libération, vont finir par se croiser…

toute-la-lumière-que-nous-ne-pouvons-voirÀ la fois roman d’apprentissage et fiction historique, Toute la lumière que nous ne pouvons voir fut une lecture intéressante et prenante mais un peu en dessous de mes attentes. Le récit, alternant les points de vue de Marie-Laure et de Werner dans de courts chapitres, est très bien rythmé, les personnages sont plutôt bien construits et j’ai aimé suivre leur évolution, cependant, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à eux et à ressentir de l’empathie à leur égard. Le style de l’auteur est plutôt simple, fluide et accessible. Mais voilà, il m’a manqué quelque chose, sans que j’arrive à définir précisément quoi, pour que cette lecture me marque plus profondément. Peut-être que toutes les critiques élogieuses que j’avais lu à son sujet y sont pour quelques choses… Cela dit, ce ne fut pas une lecture désagréable.