J’ai longtemps eu peur de la nuit – Yasmine Ghata

Avant de me lancer dans la lecture de « J’ai longtemps eu peur de la nuit » je ne connaissais pas du tout  son auteure Yasmine Ghata. Alors pourquoi je me suis tournée vers cette lecture ? Et bien parce que j’en avais lu quelques bons avis ici et là.

Suzanne, auteure, anime un atelier d’écriture dans une classe de collégiens. Lors de la première séance, elle demande à chacun des élèves d’apporter un objet ancien lié à l’histoire de leur famille. A partir de cet objet, ils devront écrire une histoire. Arsène, un jeune garçon rwandais qui a été adopté par une famille d’instituteurs français rapport la photographie d’une vieille valise en cuir. C’est le seul objet qu’il détient et qui a appartenu à sa famille. C’est avec elle qu’il a fui son pays et qu’il est arrivé en France. Au fil des séances, Arsène va avoir du mal à mettre en mots son histoire, il va alors demander à Suzanne de l’aider. Cet exercice sera pour lui un moyen de vaincre sa peur de la nuit… Au fil du récit, et notamment du texte écrit par Suzanne, nous allons découvrir comment Arsène a été amené à fuir son village et sa famille, le chemin qu’il a parcouru tout seul, s’abritant dans la valise la nuit pour se protéger des insectes et des animaux sauvages jusqu’à ce qu’il soit sauvé par une ONG.
Mais, dans ce roman, il n’est pas question uniquement d’Arsène, en effet, son histoire est entre coupée de passage à propos de Suzanne, de ses souvenirs et du deuil qu’elle n’a pas encore réussi à faire de son père, mort des années plus tôt alors qu’elle n’était encore qu’une enfant.

« J’ai longtemps eu peur de la nuit «  est un court roman, touchant et sensible, qui traite d’un sujet important et pas facile. J’ai beaucoup aimé les passages à propos de l’histoire d’Arsène, ce jeune garçon, survivant des massacres des Tutsis, animé par son envie de vivre, un peu moins ceux consacrés à Suzanne. En effet, le mal dont elle souffre m’a paru démesurément ridicule par rapport à celui d’Arsène et le parallèle fait entre leur deux histoires m’a semblé maladroit, mal venu. Je crois que je n’ai pas compris ce que l’auteure avait voulu apporté grâce à lui…
Malgré cela, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, d’autant plus que le style de Yasmina Ghata est plutôt agréable à lire.

Soudain, seuls – Isabelle Autissier

soudain-seuls-autissierDans « Soudain, seul », Isabelle Autissier nous raconte l’histoire de Louise, une alpiniste expérimentée, et de Ludovic, un passionné de navigation. Jeunes et amateurs d’aventures, ils décident un jour, après quelques hésitations de la part de Louise, de quitter leur appartement parisien pour traverser le monde à bord d’un bateau afin d’échapper à la routine. Lors de ce voyage, ils accostent une petite île, normalement interdite aux touristes, au sud des cinquantièmes hurlants, sur laquelle se trouve une ancienne station baleinière abandonnée depuis plusieurs dizaines d’années. Happés par sa beauté glaciale, ils se laissent surprendre par une tempête et sont contraints de passer la nuit sur place. Au réveil, Jason – c’est comme cela qu’il avait surnommé leur bateau – a disparu. Après quelques recherches, la réalité les saisie, ils sont seuls, au bout du monde, coincés sur une île désertée par les humains, loin des routes touristiques et marchandes… Louise et Ludovic vont alors devoir apprendre à survivre dans cette nature hostile et à ne pas se laisser emporter par leurs émotions. Leur plus grand défi : ne pas céder à la panique. Mais, combien de temps cela pourra-t-il durer ?

A travers ce texte, à mi-chemin entre le roman d’aventure et le thriller psychologique, Isabelle Autissier évoque la survie et l’instinct de survie, le dépassement de soi, la liberté, l’écologie, mais aussi l’humain et ses affects. J’ai trouvé ses personnages attachants et réalistes et j’ai angoissé avec eux jusqu’à la fin. La question de l’après est également traitée : comment continue-t-on à vivre après une expérience traumatisante telle que celle-ci ? Enfin, j’ai vraiment apprécié le style de l’auteure, simple et efficace.

« Soudain, seuls » est un roman qui m’a agréablement surprise. J’avais peur d’y trouvé une nouvelle version de l’histoire de Robinson Crusoé et ce fut loin d’être le cas… j’étais loin de me douter de la tournure qu’aller prendre les évènements. Je ne pensais pas me plonger aussi pleinement dans cette lecture et finalement, j’ai été complètement saisie par ce récit.

Avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?

Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck

Dans Nous rêvions juste de liberté, Hugo, le narrateur, un adolescent turbulent et pas vraiment passionné par l’école, nous raconte son histoire pas toute rose. Avec ses parents la vie est compliquée. En effet, sa mère n’arrive pas à sortir de la dépression dans laquelle elle est plongée depuis le décès accidentel de sa petite sœur, il y a plusieurs années, et son père, un brin alcoolique, n’a plus la patience de faire face à ses bêtises. Du coup, après quelques déboires à l’école, il se retrouve scolarisé dans le lycée privé de sa ville, Providence, au milieu des enfants de riches. Heureusement, il va y faire la rencontre de Freddy qui règne en maître dans la cour de récréation, d’Alex, dit la fouine, et d’Oscar, surnommé le chinois, et se faire rapidement adopter par la bande de potes. Le quotidien d’Hugo et de ses amis va alors être rythmé par l’alcool, la drogue, la castagne et puis surtout les bécanes. Une passion commune qui va les conduire, presque tous, sur la route, pour traverser le pays. Ils y rencontreront beaucoup de personnes, des bikers pour la plus part, et quelques ennuis. Et puis avec le temps, ils finiront par créer leur propre MC, ou « Motorcycle club », et dégoter un local pour y faire des affaires. Mais Hugo n’est pas un sédentaire et après quelques mois posé avec ses amis, il va reprendre la route, tout seul, jusqu’à ce que le passé le rattrape.

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Voilà un court résumé de ce roman dans lequel, finalement, je ne vous raconte pas grand-chose mais je ne veux surtout pas vous en dire trop pour que vous puissiez profiter pleinement de cette fabuleuse lecture.

nous-revions-juste-de-liberteNous rêvions juste de liberté est une très jolie histoire à propos de l’amitié fraternelle et de la liberté. J’ai adoré cette multitude de personnages tous très différents les uns des autres et j’ai été particulièrement touchée par Hugo. J’ai adoré le style d’écriture maitrisé qui colle parfaitement au scénario et le rythme intense du récit. Et surtout, j’ai été bouleversée par la fin de  cette histoire. Je ne connaissais pas Henri Loevenbruck avant de lire ce roman et de prime abord Nous rêvions juste de liberté n’avait pas vraiment d’argument pour me plaire. En effet, l’univers des motos et les histoires d’adolescents ne me passionnent pas vraiment. Cependant, je n’ai eu aucun mal à me plonger dans ce roman et à me passionner pour cette lecture riche en émotions.

N’aillions pas peur des mots, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman et je pense que je me souviendrais très longtemps de cette lecture.

Avez-vous lu « Nous rêvions juste de liberté » ? Qu’en avez-vous pensé ?