Debout-payé – Gauz

Dans ce roman atypique que j’avais envie de lire depuis sa sortie, nous découvrons les parcours de différents personnages qui s’entrecroisent, de plusieurs générations d’immigrés et plus particulièrement le parcours d’un jeune étudiant africain prénommé Ossiri. Arrivé sans papier à Paris dans les années 90, il va chercher du travail dans le milieu de la sécurité et notamment essayer de se faire embaucher comme vigile dans une agence dirigée par des Ivoiriens. Il va y parvenir plus ou moins rapidement et nous allons, alors, être plongés au cœur de ce monde.

Avec ce roman en partie autobiographique, Gauz, l’auteur qui, lui aussi, a été vigile, nous propose une vision de la société française, un regard intéressant sur la société de consommation dans laquelle nous vivons. C’est de son expérience que sont tirées les anecdotes vécues par Ossiri, notamment dans les magasins Camaïeu de Bastille et Sephora des Champs-Élysées. Les situations décrites ne sont pas toujours faciles, pourtant ce n’est jamais avec pathos que l’auteur nous les livre, faisant même preuve de beaucoup d’humour. Outre l’immersion qu’il nous permet de faire dans le milieu de la sécurité, un milieu multiculturel et métissé, Gauz nous plonge aussi sur la communauté africaine de Paris de ces dernières années. Nous découvrons leurs conditions de vies et leurs revendications, la France à travers leurs yeux.

Debout-Payé a été entièrement à la hauteur de mes attentes, je n’ai, en rien, été déçue par cette lecture. C’est un roman vraiment original, à la fois par son sujet et par sa forme, par le style de son auteur. J’ai passé un très bon moment de lecture et je le conseille vivement.

Résumé de l’éditeur : Debout-Payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papier en France en 1990. C’est un chant en l’honneur d’une famille où, de père en fils, on devient vigile à Paris, en l’honneur d’une mère et plus globalement en l’honneur de la communauté africaine à Paris, avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est aussi l’histoire politique d’un immigré et du regard qu’il porte sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile depuis les années 1960 — la Françafrique triomphante — à l’après 11-Septembre. Cette épopée familiale est ponctuée par des interludes : les choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait comme vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Gauz est un fin satiriste, tant à l’endroit des patrons que des client(e)s, avec une fibre sociale et un regard très aigu sur les dérives du monde marchand contemporain, saisies dans ce qu’elles ont de plus anodin — mais aussi de plus universel. Un portrait drôle, riche et sans concession des sociétés française et africaine, et un témoignage inédit de ce que voient vraiment les vigiles sous leur carapace. (Le Nouvel Attila, 2014).