L’homme sans maladie – Arnon Grunberg

Dans L’Homme sans maladie, Arnon Grunberg nous raconte l’histoire de Samarandra Ambani, un jeune architecte suisse (et donc neutre au sujet des différents conflits qui agitent le monde) aux origines indiennes, plutôt naïf et un poil fataliste. Son seul but dans la vie est de construire de beaux bâtiments, d’embellir le monde par l’architecture. Il vit avec sa compagne, a une sœur lourdement handicapée qui aimerait beaucoup en finir avec la vie et dont il s’occupe, avec leur maman, dès qu’il le peut. Lorsqu’il est contacté pour la construction d’un opéra à Bagdad, c’est l’euphorie. Il se rend seul en Irak sans inquiétude, à l’inverse de ses proches et particulièrement de son amie… Sur place, il est accueilli par plusieurs hommes déclarant être gardes du corps qui le conduisent jusqu’à l’endroit où il est censé résider durant son séjour. Évidemment, tout ne va pas être simple et les choses vont se compliquer… Après de nombreuses péripéties que, pour des raisons évidentes, je ne vous raconterais pas, il rentre à Zurich où il se remet tranquillement de ses émotions. Il reprend son travail d’architecte avec son associé et à force de travail il se voit proposé une nouvelle mission à l’étranger : la construction d’une bibliothèque ainsi que d’un bunker à Dubaï…

Je dois avouer que c’est un roman qui m’a surprise et plutôt décontenancé. Dans un premier temps, le récit et son personnage principal m’ont plutôt fait sourire tant les situations décrites et les réactions tout à fait inattendues de Samarandra peuvent être absurdes. Les difficultés qu’il rencontre durant ses voyages ne sont en fait pas vraiment drôles, elles sont plutôt dramatiques et ferait paniquer plus d’une personne, ce qui n’est pas son cas du tout, c’est comme s’il était totalement déconnecté de la réalité et de l’instant présent. Puis, à la fin de ma lecture, je me suis demandée où voulait en venir l’auteur, ce qu’il souhaitait nous dire à travers ce livre, et je n’ai pas trouvé la réponse à cette question ce qui est plutôt dommage… C’est une lecture que je qualifierais d’étrange et d’originale, qui a manqué un peu de sens, mais elle fut tout de même prenante. J’ai eu, sans arrêt, très envie de savoir quelle nouvelle aventure (si on peut parler d’aventure) allait arriver à Sam. Au final, c’est un bilan en demi-teinte que je dresse, je n’irais pas jusqu’à déconseiller L’homme sans maladie, cependant, je ne le conseillerais pas non plus spontanément.

Résumé : Samarandra Ambani, architecte zurichois d’origine indienne, mène une existence rangée, jusqu’au jour où il décroche le contrat d’un opéra à Bagdad. Lorsqu’il arrive en Irak, ce n’est pas Puccini qui l’attend mais une horde de gardes du corps, présage de la violence démesurée qui va l’aspirer. À peine remis de son séjour tourmenté, le voilà de nouveau embarqué à Dubaï pour y construire la Bibliothèque nationale. Seulement l’histoire se répète impitoyablement, et Sam découvre qu’un passeport suisse n’est pas une garantie de retour… Tel un Kafka contemporain, Arnon Grunberg entraîne son héros, naïf et idéaliste, à travers des tribulations grotesques et cruelles, pour mieux le réduire en cafard d’une dérisoire comédie humaine (Editions Héloïse d’Ormesson, 2014).