Jeux de miroirs – E.O. Chirovici

Comme chaque année avec l’hiver, mon envie de lire des polars se fait de plus en plus forte. Alors, lorsque l’on m’a proposé de lire Jeux de miroirs, le premier roman traduit en France de l’écrivain roumain E.O. Chirovici, j’ai sauté sur l’occasion. D’autant plus qu’il était annoncé comme « Le roman évènement de l’année 2017 » par son éditeur.

L’histoire : un jour, Peter Katz, agent littéraire, reçoit un manuscrit composé des premiers chapitres d’un roman écrit par un certain Richard Flynn intitulé « Jeux de miroirs ». L’auteur y raconte sa rencontre avec une jeune femme prénommée Laura, alors qu’elle s’installe dans son appartement et devient sa colocataire, et, par son intermédiaire, avec le professeur Wieder, un spécialiste de la psychologie cognitive, et plus particulièrement de la mémoire et des souvenirs. Ce dernier est mort assassiné à la fin des années quatre-vingt et son meurtre ne fut jamais élucidé. Intrigué par cette lecture, Peter aimerais en savoir plus et obtenir la fin du texte, espérant que la clef du mystère s’y trouve. Seulement, Richard meurt avant qu’il puisse le lui demander. Alors, pour tenter de résoudre l’énigme, il va entamer des recherches sur le sujet avec l’aide de deux autres personnes : John, un journaliste d’investigation et  Roy, un enquêteur à la retraite qui avait travaillé sur cette affaire. Tous les trois vont rencontrer différents témoins du drame mais ils ne vont obtenir que de multiples versions contradictoires…

jeux-de-miroirs-chiroviciCette histoire nous est racontée au travers de trois voix différentes correspondant chacune à une partie du roman – d’abord celle de Peter, puis celle de John, et enfin celle de Roy – ce que j’ai trouvé plutôt intéressant notamment parce que cela permet d’aborder l’intrigue sous différents angles et je pense que cela a fortement contribué à maintenir mon intérêt pour l’histoire. A cela, s’ajoutent les nombreux témoignages contradictoires des différentes personnes interrogées par ces trois enquêteurs officieux, qui permettent à mon sens de maintenir le suspens. Cela dit, j’ai parfois trouvé le temps un peu long durant cette lecture. J’ai beaucoup apprécié la première partie, soit le manuscrit de Richard Flynn, un peu moins les deux suivantes. Malgré cela, j’ai trouvé ce roman plutôt bien rythmé, le style d’E.O. Chirovici, qui nous propose avec Jeux de miroirs une réflexion intéressante sur la mémoire et les souvenirs, simple mais pas déplaisant. Merci aux éditions Les escales et à l’agence Anne & Arnaud pour ce moment de lecture !

La Malédiction du Bandit Moustachu – Irina Teodorescu

Voilà une éternité que je ne suis pas venue me balader par ici, la faute à des obligations professionnelles et personnelles, mais tout devrait très prochainement rentrer dans l’ordre. Quoi qu’il en soit, je prends quand même le temps aujourd’hui de venir vous parler d’un roman que Babelio m’a très gentiment envoyé dans le cadre d’une masse critique : La malédiction du bandit moustachu, le premier roman d’Irina Teodorescu, une auteure d’origine roumaine.

Résumé de l’éditeur : Quelque part à l’est au début du XXe siècle, Gheorghe Marinescu se fait faire une beauté chez le barbier. Déboule un homme à longue moustache qui réclame la meilleure lame du commerçant. Gheorghe lie amitié avec le moustachu, découvrant qu’il ne jure que par la bouillie de haricots blancs. Accessoirement ce bandit de grand chemin, qui amasse des trésors pour les redistribuer aux nécessiteux, révèle sa planque. Ni une ni deux, l’envieux Marinescu commet l’irréparable. Voilà comment une malédiction s’abat sur Gheorghe et toute sa descendance, jusqu’en l’an deux mille. Et en effet. Le rythme est trépidant, le ton enlevé, un premier roman tragique et loufoque à la fois (Gaïa Editions, 2014).

Un jour, alors qu’il est chez le barbier, Gheorghe Marinescu rencontre un homme moustachu – dont la préoccupation principale est de voler les riches pour aider les pauvres – avec qui il devient ami. Attiré par ses trésors, il va finir par le tuer pour pouvoir s’emparer du magot. Seulement voilà, une malédiction va s’abattre sur lui et sa descendance jusqu’à l’an 2000… Certains vont essayer de conjurer le sort, sans succès.

Le rythme du roman est soutenu, à travers un siècle d’une histoire familiale, le lecteur se trouve face à des personnages loufoques et surprenants, différents les uns des autres mais tous intéressants à leur façon. Tout s’emballe, les événements s’enchaînent trop vites, parfois sans liant, et le temps de respirer pendant la lecture manque ce qui a tendance à rendre les choses quelque peu confuses. L’abondance de personnages n’a pas facilité non plus ma lecture. De prime abord, ce roman, plutôt surprenant, avait tout pour me plaire, j’ai aimé, mais la forme m’a déstabilisé et empêché d’apprécier pleinement.