Ma vie de pingouin – Katarina Mazetti

Ayant lu pas mal des livres de l’auteure Katarina Mazetti, je me suis, plus ou moins vite, laissée tenter lorsque l’occasion de lire son dernier roman intitulé Ma vie de pingouin s’est présentée à moi. Je dois en effet avouer que j’ai tout de même un peu hésité parce que je trouve qu’elle ne se renouvelle pas trop de roman en roman… J’espérais donc être surprise cette fois-ci.

 

L’histoire se déroule à bord d’un bateau de croisière voguant en Antarctique et nous y faisons la connaissance de trois personnages principaux. Il y a d’abord Tomas, la trentaine, qui se retrouve seul au monde depuis que sa femme est partie vivre en Californie avec leurs enfants et son nouveau mari. Il semble être au bout du rouleau et avoir des tendances suicidaires. Ensuite il y a Wilma, la trentaine aussi, enseignante et toujours de bonne humeur malgré quelques problèmes qu’elle gardera longtemps secrets. Et enfin, il y a Alba, une dame d’un certain âge, globe-trotteuse et qui se lance dans l’observation anthropologique de ses compagnons de voyage afin de les comparer à des animaux. Chacun d’eux va parler à tour de rôle, un chapitre correspondant à un personnage. Parfois, d’autres prendrons la parole à l’occasion de chapitres plus courts, matérialisés par une écriture en italique. Il y a beaucoup d’autres personnages secondaires, des ornithologues notamment, mais aussi par exemple des dames plutôt âgées à la recherche du grand amour ou encore des couples mariés. Et après ? Et bien Katarina Mazetti va, sans surprise, dérouler les relations que les personnages vont nouer entre eux. Inutile de vous en dire, plus, je ne voudrais pas vous gâcher le peu de surprises que contient ce roman.

Sans aucun doute, il s’agit bien là d’une comédie romantique. Ce n’est pas un mauvais divertissement, le roman et le style de l’auteure ne sont pas désagréables, mais il ne s’agit pas selon moi d’une lecture indispensable. J’aurais vraiment aimé être étonnée, trouver un peu plus d’originalité, mais ce ne fut pas le cas. Ma vie de pingouin est, à mon sens, dans la complète lignée de Le mec de la tombe d’à côté, la tonalité est la même, l’humour est le même, les personnages un peu loufoques sont tout autant prévisibles.

Quatrième de couverture : Vous rêvez d’une croisière de l’extrême ? Alors, c’est parti pour l’Antarctique ! Sur le navire, une globe-trotteuse septuagénaire répertorie les similitudes entre humains et animaux. Et elles ne manquent pas, grâce à une brochette de voyageurs bigarrés venus se frotter aux épaulards tueurs, albatros, pétrels et autres éléphants de mer. En route pour le bout du monde, Tomas file vers son objectif ultime, en finir avec les tracasseries de la vie, seul sur la glace. C’est compter sans les quelque quatre cent mille manchots royaux qui peuplent les lieux, et sans Wilma dont la bonne humeur inébranlable laisse croire que tout lui sourit. Quoi de mieux pour réchauffer les coeurs en perdition qu’un iceberg, pour peu qu’il se retourne, révélant le pingouin qui sommeille en chacun ? (Gaïa Editions, 2015)

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Stieg Larson

Millénium de Stieg Larson, voilà encore une trilogie que j’avais dans ma PAL depuis une éternité et que j’avais vraiment hâte de lire, et, comme pour celle de Katherine Pancol, je me suis dis que cette été 2014 était parfait pour enfin m’y attaquer. J’avais hâte parce que j’en avais entendu beaucoup de bien, mais aussi, parce que j’avais adoré les adaptations cinématographiques suédoises, je précise. Et puis ayant été enchantée par ma dernière lecture, un polar, j’ai eu envie de continuer dans le même genre…

Après avoir été condamné pour diffamation, Mikael Blomkvist, le co-fondateur de la revue Millénium, décide de s’éloigner du journalisme et de se faire oublier. Comme le hasard fait bien les choses, dans le même temps, Henrik Vanger, un industriel vivant sur une petite île suédoise lui propose de venir enquêter sur la disparition de sa nièce, survenue il y a 40 ans et jamais résolue, dans des conditions troublantes. Se montrant au départ peu intéressé, Henrik va finalement trouver les bons arguments pour convaincre Mikael d’accepter cette enquête destinée à durer un an. Lisbeth Salander, une jeune femme originale, au passé trouble, plutôt solitaire, et torturée, est quant à elle mandatée par un avocat pour enquêter sur Mikael. Leur chemin vont évidemment finir par se croiser et ils vont, tout les deux, tenter de résoudre l’énigme de la famille Vanger.


Quatrième de couverture
Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire (Actes Sud, 2011).

Au départ, j’ai vraiment eu du mal à entrer dans l’histoire. La première moitié du livre est lente, il ne s’y passe pas grand chose, l’auteur plante le décors en nous livrant beaucoup de détails sur le contexte, aussi bien actuel que passé, dans lequel se sont déroulés des faits importants pour l’intrigue. On apprend à y connaitre les différents personnages et notamment les membres de la famille Vanger. La quantité d’informations livrées m’a causé quelques difficultés pour m’y retrouver et j’ai eu du mal à faire la distinction entre chacune des personnes citées. Durant ces 250 premières pages, j’ai au final plus accroché sur les parties du récit qui concernent Lisbeth alors qu’elles sont plutôt secondaires pour la résolution de l’enquête.

Ce n’est que lorsque ma kobo m’indiquait être approximativement à la moitié du livre que j’ai réellement commencé à être happé par l’histoire. Tout va plus vite et il y a enfin de l’action. Lisbeth et Mikael vont de découverte et découverte pour enfin assembler le puzzle. Je ne me souvenais pas bien du film et plus particulièrement de la fin, du coup, j’ai été surprise. Je ne m’attendais pas vraiment à ça, ou plutôt je m’attendais à rien de particulier, et j’ai aimé ne pas deviner trop tôt qui été le coupable.

Maintenant, j’ai hâte de lire les deux tomes suivant, mais, malheureusement, je vais devoir attendre un peu et plutôt me pencher sur la rentrée littéraire !

Les oreilles de Buster – Maria Ernestam

Pour ma dernière lecture en date, mon choix s’est porté sur un livre qu’une collègue de travail m’avait conseillé : Les oreilles de Buster écrit par Maria Ernestam. Éva, l’héroïne de 56 ans, y raconte, par le biais de son journal intime, comment elle a pris la décision de tuer sa mère à l’âge de sept ans. Pas de panique, ce n’est pas un secret et je ne vous spoile pas, le lecteur est tout de suite au courant puisque très vite elle dit :

« J’avais 7 ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et 17 ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. »

Le meurtre est avoué sans détour. Tout au long de son récit, Éva revient sur son histoire personnelle et raconte très directement les différents événements – généralement malheureux – ayant marqué sa vie, de sa tendre enfance à son adolescence, et l’ayant conduite jusqu’au pire.

Ce qu’en dit l’éditeur : Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée. Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime. Un délicieux mélange de candeur et de perversion (Gaïa, 2011).

Je dois l’avouer, pour moi, cette lecture, que j’avais hâte de commencer, fut quelque peu décevante et elle n’a pas été à la hauteur de mes espérances. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire, cependant ce n’était pas complètement inintéressant à mon sens puisque je n’ai pas pu m’empêcher d’aller jusqu’au bout pour connaitre la fin. Les révélations distribuées tout au long du roman y étant très certainement pour quelque chose… Ma plus grosse difficulté a, je pense, été le style de l’auteur, mais je ne saurais vous dire pourquoi exactement, je n’ai tout simplement pas adhéré.

Sur le fond, comme je le disais, nous sommes face à un roman plutôt intéressant qui aborde essentiellement une relation mère-fille débordante à la fois de haine et d’amour. Le lecteur se trouve plongé dans l’histoire personnelle d’Éva qui fut assez traumatisante, plongé dans un récit à la fois bouleversant et remplit de cynisme, mais aussi parfois drôle. En bref, je ne le déconseille pas, mais pour moi, ce ne fut pas une réelle partie de plaisir.